Le magnifique MoMA de New York regorge de chefs-d'œuvre modernes capables de combler n'importe quel amateur d'art pendant des heures, voire des jours. Nous parlons ici de quelque 200 000 peintures, estampes, photos, sculptures et autres œuvres de design et d'architecture, couvrant le post-impressionnisme, le cubisme, le surréalisme, l'expressionnisme abstrait, le pop art et bien plus encore. Mais que voir si vous n'avez qu'une heure ou deux devant vous ? Suivez-nous pour un tour d'horizon express des œuvres les plus prisées du musée, incluant leur emplacement et l'itinéraire pour passer d'une pièce époustouflante à la suivante…
D'accord, montrez-moi les plus grands succès…
La Nuit étoilée (Van Gogh, 1889)
La Nuit étoilée (Van Gogh, 1889)
Qu'est-ce que je regarde ? L'une des œuvres d'art moderne les plus célèbres et les plus influentes au monde. La Nuit étoilée dépeint la vue de van Gogh depuis l'asile de Saint-Rémy-de-Provence juste avant le lever du soleil.
Pourquoi est-ce si important ? Des coups de pinceau denses et dramatiques, des ciels tourbillonnants et des couleurs intenses se combinent pour un effet fascinant. C'est le tableau qui a inspiré des millions de posters, d'impressions, de tasses et de porte-clés, mais rien ne vaut le fait de se tenir directement devant l'original.
Où puis-je le trouver ? Rendez-vous directement au 5e étage et commencez votre visite par cette beauté céleste dans la Gallery 501.
Ce qu'il faut dire : « Ces tons sombres et ces coups de pinceau tourbillonnants capturent vraiment l'état d'esprit troublé de l'artiste à l'époque. »
Ce qu'il ne faut pas dire : « Je pourrais faire la même chose sur Microsoft Paint en une demi-heure. »
Les Demoiselles d’Avignon (Picasso, 1907)
Qu'est-ce que je regarde ? Un classique du début de l'œuvre de Picasso. Cette grande peinture à l'huile s'intitulait à l'origine « Le Bordel d'Avignon » et représente cinq prostituées nues aux visages confrontants semblables à des masques, dans un espace typiquement fracturé et angulaire. C'est une œuvre provocante aujourd'hui, alors imaginez l'impact qu'elle a eu en 1907. Alerte divulgâchage : ses amis ont détesté le tableau et celui-ci n'a été exposé publiquement que près de dix ans plus tard.
Pourquoi est-ce si important ? Cette œuvre a marqué un tournant dans l'art moderne. La forme et la structure audacieuses de Picasso ont brisé la perspective classique traditionnelle, ouvrant la voie au cubisme et, pour ainsi dire, à presque tout ce qui a suivi.
Où puis-je le trouver ? C'est facile : l'œuvre se trouve juste à côté de La Nuit étoilée, dans la Gallery 502.
Ce qu'il faut dire : « On peut déceler les prémices du style cubiste emblématique de Picasso dans certains visages de femmes, en particulier pour les deux à droite. »
Ce qu'il ne faut pas dire : « Oh là là ! »
Roue de bicyclette (Duchamp, 1913)
Roue de bicyclette (Duchamp, 1913)
Qu'est-ce que je regarde ? La provocante Roue de bicyclette de Marcel Duchamp pousse la vieille question « mais est-ce de l'art ? » vers sa conclusion naturelle. Ce que vous regardez est précisément ce qu'il semble être : une roue de bicyclette montée sur le siège d'un tabouret. Ou est-ce vraiment le cas ? La version que vous voyez ici est une reconstruction ultérieure des versions perdues de 1913 et 1916-17, ce qui, en soi, joue avec la notion même d'originalité dans l'art. Qui aurait cru qu'une roue coincée dans un tabouret puisse soulever autant de questions.
Pourquoi est-ce si important ? Roue de bicyclette était l'un des premiers « ready-mades » de Duchamp : des objets ordinaires du quotidien détournés vers une fin qui n'existe réellement que dans l'œil du spectateur. Elle est considérée comme le premier exemple de sculpture cinétique. Mais est-ce de l'art ? C'est une question qui ne manquera pas de faire tourner la conversation longtemps après que vous soyez passé(e) à l'exposition suivante.
Où puis-je le trouver ? Pas très loin des demoiselles d'Avignon de Picasso, dans la Gallery 505.
Ce qu'il faut dire : « Saviez-vous que Duchamp a construit cet objet pour son propre plaisir et n'a jamais eu l'intention d'en faire une œuvre d'art publique ? »
Ce qu'il ne faut pas dire : « Qu'est-ce que ce truc fait dans une galerie ? »
La Persistance de la mémoire (Dalí, 1931)
Qu'est-ce que je regarde ? Le chef-d'œuvre de Dalí des années 1930 est une vision surréaliste d'horloges molles, d'insectes grouillants et de visages humains monstrueux. Hallucinante, cauchemardesque et éphémère, l'œuvre a été parodiée maintes fois au fil des ans, notamment – par un tournant tout aussi surréaliste – par Les Simpson et le Cookie Monster. Dalí lui-même décrivait ce paysage fondant et visqueux comme un « camembert du temps ».
Pourquoi est-ce si important ? C'est sans doute la distillation la plus absolue du surréalisme que vous puissiez trouver. Les détails hyper précis de Dalí et son imagerie absurde s'associent pour donner à une scène incroyablement surréaliste un aspect... presque réel.
Où la trouver ? Elle se trouve dans la collection permanente d'œuvres surréalistes de la galerie 517 dans laquelle, de manière assez absurde, vous pouvez entrer en quittant la galerie 505 pour passer par la 506. Petit bonus : La Persistance de la mémoire fait partie de la collection du MoMA depuis 1934, soit seulement trois ans après que Dalí l'a peinte.
Ce qu'il faut dire : « Dalí cultivait des hallucinations psychotiques auto-induites pour créer son art à cette époque. Ça se voit, n'est-ce pas ? »
Ce qu'il ne faut pas dire : « Miam... du camembert. C'est l'heure du déjeuner ? »
Les Nymphéas (Monet, 1914-26)
Les Nymphéas (Monet, 1914-26)
Qu'est-ce que je regarde ? Une vaste surface immersive de nymphéas, de clapotis et de nuages reflétés, sans bords nets ni ligne d'horizon discernable ; les coups de pinceau flottent et se dissolvent, laissant vos yeux vagabonder. Le triptyque monumental de peintures murales de nymphéas de la dernière période de Monet est exposé dans sa propre galerie dédiée, afin que le spectateur puisse s'immerger pleinement dans cette merveille aquatique.
Pourquoi est-ce si important ? Monumentales tant par leur taille que par leur impact, les fresques immersives des Nymphéas de Monet frôlent l'abstraction, jetant un pont entre les impressionnistes et les expressionnistes abstraits new-yorkais des années 1940 et 1950. Monet a peint ces panneaux dans son jardin à Giverny, les retravaillant constamment à la fin de sa vie, alors que sa vue déclinante modifiait sa perception des couleurs et de la lumière.
Où les trouver ? Empruntez le couloir surplombant le Terrace Café et Midtown Manhattan, puis suivez les panneaux indiquant l'aile David Geffen et la galerie 515, sur laquelle les Nymphéas de Monet président avec tant d'élégance.
Ce qu'il faut dire : « On dit que la vue déclinante de Monet, due à la cataracte, était responsable de la nature plus abstraite d'œuvres comme celle-ci. »
Ce qu'il ne faut pas dire : « Je pense que quelques grenouilles bien placées auraient vraiment donné vie à cette scène. »
Autoportrait aux cheveux rasés (Kahlo, 1940)
Qu'est-ce que je regarde ? Tout est dans le titre. Il s'agit d'un autoportrait de Frida Kahlo réalisé juste après une coupe de cheveux particulièrement radicale. Elle s'y dépeint comme la femme indépendante par excellence, délaissant ses robes habituelles plus féminines pour un look plus androgyne – un clin d'œil à sa propre bisexualité – et fixant le spectateur droit dans l'âme, ciseaux et mèches coupées à la main.
Pourquoi est-ce si important ? Petite par la taille mais grande par l'impact, cette peinture de Kahlo a été achevée peu après sa séparation d'avec son mari Diego Rivera. C'est l'affirmation classique post-rupture : costume trop grand, nouvelle coiffure, regard d'acier et mèches coupées jonchant le sol.
Où la trouver ? Revenez sur vos pas en passant devant le Terrace Café et dirigez-vous vers la galerie 521, dans l'angle.
Ce qu'il faut dire : « Regarde que si je t'ai aimée, c'était pour tes cheveux ; maintenant que tu es tondue, je ne t'aime plus. » Il s'agit d'une paraphrase des paroles d'une chanson mexicaine inscrites en haut du tableau. Dites-le avec assez de conviction et vos amis pourraient vous prendre pour un véritable poète.
Ce qu'il ne faut pas dire : « Je n'aime pas la façon dont elle me regarde avec ces ciseaux à la main. »
One: Number 31 (Pollock, 1950)
One: Number 31 (Pollock, 1950)
Qu'est-ce que je regarde ? Il s'agit de l'expressionnisme abstrait à grande échelle. Pour être précis, c'est l'une des plus grandes œuvres de Jackson Pollock réalisées selon la technique du « drip painting ». Imaginez un champ de coulures et de jets allant du sol au plafond, dans des tons noirs, blancs et terreux, superposés pour créer une toile dense et vibrante.
Pourquoi est-ce si important ? Premièrement : « Number 31 » est l'incarnation même de l'« action painting ». C'est une représentation aussi pure que possible de l'énergie de Pollock et de son affirmation selon laquelle son œuvre n'avait ni début ni fin. On peut presque sentir le mouvement de l'artiste sur la toile tandis que l'œil suit les coulures et les gribouillis, cherchant de nouveaux détails dans chaque centimètre carré du tableau. Mais que symbolise-t-il ? Pollock numérotait ses œuvres plutôt que de leur donner un nom, préférant laisser l'interprétation au spectateur.
Où la trouver ? Retournez vers les escaliers mécaniques et descendez d'un étage jusqu'au niveau 4. Dirigez-vous vers la galerie 401, vous ne pourrez pas la manquer.
Ce qu'il faut dire : « Saviez-vous que son vrai prénom était Paul ? Paul Pollock, ça n'a pas tout à fait le même panache, n'est-ce pas ? »
Ce qu'il ne faut pas dire : « On dirait que quelqu'un a balancé un pot de peinture contre le mur. »
Sun Mad (Hernández, 1982)
Sun Mad (Hernández, 1982)
Qu'est-ce que je regarde ? Cette sérigraphie d'Ester Hernández détourne le logo rassurant d'une marque de supermarché (la douce jeune fille aux raisins secs de Sun-Maid) pour en faire un squelette au sourire narquois. Le texte, sur un fond net de couleurs primaires vives, enfonce le clou : « Cultivé de manière non naturelle avec des insecticides, des miticides, des herbicides et des fongicides. »
Pourquoi est-ce si important ? Cette satire mordante d'Hernández sur les mauvaises conditions de travail et l'utilisation de pesticides dans l'industrie agroalimentaire californienne est un pur exemple d'art de protestation. Elle renvoie à son passé d'activiste des années 1960 au sein du mouvement artistique chicano. C'est une image saisissante, sans aucun doute.
Où la trouver ? Galerie 415. Suivez les galeries dans l'ordre jusqu'à la 405 ; là, prenez immédiatement à gauche à travers la 406 pour atteindre la 415.
Ce qu'il faut dire : « Saviez-vous qu'Hernández a repris ce thème dans des gravures ultérieures, comme Sun Raid en 2008, actualisant sa critique pour protester contre de nouvelles politiques gouvernementales ? »
Ce qu'il ne faut pas dire : « Je tuerais pour un raisin sec là, tout de suite. »
Campbell’s Soup Cans (Warhol, 1962)
Campbell’s Soup Cans (Warhol, 1962)
Qu'est-ce que je regarde ? Le commentaire emblématique de Warhol sur la culture de consommation et la production de masse représente les 32 variétés de soupes Campbell. Chacune d'entre elles — crème de champignons, minestrone, chaudrée de palourdes, etc. — figure sur une toile distincte. La disposition, en une grille répétitive et nette de rouge, de blanc et d'argent, ressemble exactement à ce que l'on pourrait trouver sur l'étagère d'une épicerie.
Pourquoi est-ce si important ? Les boîtes de soupe de Warhol ont marqué un tournant pour le Pop Art, reprenant l'art des mains des élitistes. Le format sériel, l'imagerie commerciale et la présentation impassible ont remis en question les notions d'originalité et de goût en un seul ensemble cohérent. Cela a mis le feu aux poudres concernant les idées reçues sur ce qui pouvait ou non être présenté comme de l'art.
Où la trouver ? Faites la queue pour la galerie 412. Sortez de la 415 et longez le couloir après la 414, vous y êtes.
Ce qu'il faut dire : « Le génie de Warhol — sa capacité à transformer des objets de consommation courante en œuvres d'art populaires et durables — reste inégalé. »
Ce qu'il ne faut pas dire : « Je n'aime pas la soupe en conserve. »
L'Escalier du Bauhaus (Schlemmer, 1932)
L'Escalier du Bauhaus (Schlemmer, 1932)
Qu'est-ce que je regarde ? Ce tableau d'Oskar Schlemmer, peint en 1932, représente des silhouettes modulaires stylisées se déplaçant dans un espace géométrique austère et statique de l'école de Dessau où il enseignait : l'escalier du Bauhaus cité dans le titre. La diagonale des marches attire le regard vers le haut et la scène semble animée et sociale.
Pourquoi est-ce important ? Ici, Schlemmer distille les idéaux fondamentaux du Bauhaus (clarté, rythme et relation du corps humain avec l'espace environnant) au mépris des persécutions nazies dont étaient victimes les artistes et les étudiants de l'école à l'époque. La peinture est à la fois un hommage et une capsule temporelle.
Où puis-je le trouver ? Reprenez les escaliers mécaniques jusqu'au 1er étage et cherchez le propre escalier du Bauhaus du MoMA. L'œuvre de Schlemmer, qui invite à la réflexion, est suspendue à mi-hauteur.
Ce qu'il faut dire : « Schlemmer a peint cette œuvre un an avant que les nazis ne ferment l'école du Bauhaus. »
Ce qu'il ne faut pas dire : « On ne peut pas prendre l'ascenseur à la place ? »
C'était génial, mais je meurs de faim. Où puis-je manger ?
Le MoMA se trouve à Midtown, les options de déjeuner ne manquent donc pas à quelques minutes de marche. Ou, si vous souhaitez prolonger l'expérience artistique, vous pouvez rester au sein même du musée. Voici notre sélection des meilleures adresses.
- The Modern. Surplombant le Abby Aldrich Rockefeller Sculpture Garden au 1er étage du MoMA, cet élégant restaurant gastronomique sert des plats qui ne détonneraient pas dans une galerie d'art. Les menus signatures « Impressions » et « Abstractions » s'inscrivent parfaitement dans l'esprit de « la cuisine comme art moderne ».
- Le Bernardin. Poissons et crustacés raffinés avec un prix à l'avenant dans l'un des restaurants les plus célèbres de NYC, à environ cinq minutes à pied du MoMA. Le thon signature au foie gras et la mousse de homard à la truffe du Périgord sont à tomber.
- Benoit NYC. Une ambiance de bistrot français signée Alain Ducasse. Imaginez une soupe à l'oignon gratinée, un poulet rôti avec son jus, le tout dans une salle élégante faite de laiton et de carrelage, avec l'effervescence typique de l'heure du déjeuner.
- Burger Joint. Vous trouverez cette légende discrète de Midtown cachée derrière un rideau au Thompson Central Park, à 10 minutes du MoMA. Commandez un cheeseburger, des frites et un milkshake, et profitez du charme des lieux avec ses néons et ses murs couverts de graffitis.
- Yakitori Totto. De savoureuses brochettes grillées au charbon de bois à quelques rues à l'ouest du MoMA. Allez-y pour les « chicken oysters » (sots-l'y-laisse), les tsukune et une bière glacée, et restez pour l'animation typique de Tokyo.
Quoi d'autre à faire à proximité ?
Quoi d'autre à faire à proximité ?
Comme nous le disions, vous êtes à Midtown, alors New York vous appartient. Vous prévoyez de visiter une multitude d'attractions incontournables pendant votre séjour ? Optez pour un New York Pass afin de réaliser des économies sur les tarifs d'entrée standard des sites les plus célèbres de Manhattan et d'ailleurs. Nous parlons ici de l'observatoire de l'Empire State Building, de Madame Tussauds, du Top of the Rock, de RiseNY, de la location de vélos à Central Park, du Big Bus ou encore des croisières Circle Line, pour ne citer qu'eux.
Derniers conseils pour ma visite au MoMA ?
- Les matinées en semaine sont généralement plus calmes que, par exemple, les après-midi de week-end. Si vous le pouvez, arrivez dès l'ouverture. C'est peut-être votre seule chance de passer quelques minutes en tête-à-tête avec des chefs-d'œuvre comme La Nuit étoilée ou Les Nymphéas de Monet.
- Les œuvres d'art sont parfois déplacées pour des expositions spécifiques. Consultez l'application du MoMA ou le guide quotidien des galeries pour connaître les emplacements les plus récents.
- La photographie est généralement autorisée pour la plupart des œuvres du musée, mais sans flash. Des panneaux indiquent les endroits où elle est totalement interdite. En cas de doute, demandez à un guide.
Vous avez aimé ce petit aperçu de New York ?
Plongez encore plus au cœur de la ville avec notre complete guide to MoMA, regorgeant d'astuces et de conseils pour économiser, et découvrez notre sélection de the best NYC neighborhoods pour votre séjour.
Avec The New York Pass®, évitez le stress et économisez gros sur vos billets pour le MoMA ainsi que sur des dizaines d'autres attractions incontournables, le tout avec un seul pass facile à utiliser.